Poème

Voyelles

                A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
                Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
                A, noir corset velu des mouches éclatantes
                Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

                Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
                Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
                I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
                Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

                U, cycles, vibrements divins des mers virides,
                Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
                Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

                O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
                Silences traversés des Mondes et des Anges :
                - O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
            

Photo d'effarés