Poème

Le mardi à laudes

                L’oiseau vigilant nous réveille ;
                Et ses chants redoublés semblent chasser la nuit :
                Jésus se fait entendre à l’âme qui sommeille,
                Et l’appelle à la vie, où son jour nous conduit.

                « Quittez, dit-il, la couche oisive
                Où vous ensevelit une molle langueur :
                Sobres, chastes et purs, l’œil et l’âme attentive,
                Veillez : je suis tout proche, et frappe à votre cœur. »

                Ouvrons donc l’œil à sa lumière,
                Levons vers ce Sauveur et nos mains et nos yeux,
                Pleurons et gémissons : une ardente prière
                Écarte le sommeil, et pénètre les cieux.

                Ô Christ, ô soleil de justice !
                De nos cœurs endurcis romps l’assoupissement ;
                Dissipe l’ombre épaisse où les plonge le vice,
                Et que ton divin jour y brille à tout moment !

                Gloire à toi, Trinité profonde,
                Père, Fils, Esprit-Saint : qu’on t’adore toujours,
                Tant que l’astre des temps éclairera le monde,
                Et quand les siècles même auront fini leur cours !
            

Photo de laudes