Poème

Le lundi à Vêpres

                Grand Dieu, qui vis les cieux se former sans matière,
                À ta voix seulement ;
                Tu séparas les eaux, leur marquas pour barrière
                Le vaste firmament.

                Si la voûte céleste a ses plaines liquides,
                La terre a ses ruisseaux,
                Qui, contre les chaleurs, portent aux champs arides
                Le secours de leurs eaux.

                Seigneur, qu’ainsi les eaux de ta grâce féconde
                Réparent nos langueurs ;
                Que nos sens désormais vers les appas du monde
                N’entraînent plus nos cœurs.

                Fais briller de ta foi les lumières propices
                À nos yeux éclairés :
                Qu’elle arrache le voile à tous les artifices
                Des enfers conjurés.

                Règne, ô Père éternel, Fils, sagesse incréée,
                Esprit saint, Dieu de paix,
                Qui fais changer des temps l’inconstante durée,
                Et ne changes jamais.
            

Photo de jr vepre