Poète, prends ton luth ; le vin de la jeunesse
Fermente cette nuit dans les veines de Dieu.
Et qu'il monte à ta tête une ivresse
Pareille à celle du matin de la création.
Là-haut plus d'un est mort, et d'autres sont là-bas.
Quand le sort a pris fin,
Que deviendront nos pleurs,
Nos espérances vaines,
Tous ces rêves de gloire
Enfouis dans le cœur?
Jeune homme, en cette nuit
De la longue espérance,
Hors de toi laisse errer
L’esprit qui nous enchante.