Belle Espérance, heureuse, aimable,
Ton nom seul a de si doux charmes,
Qu'il console d'un sort semblable
À ce qui fit verser mes larmes.
Quand je soupire la pensée
De celle que j'aime en secret,
Toi seule es tout ce qui me plaît,
Toi seule rends son absence effacée.
Je trouve en toi tous mes désirs ;
Tous mes plaisirs par toi renaissent,
Et je trouve moins de sévices
Des rigueurs dont ils me blessent.
C'est toi qui charmes mes ennuis,
Et me fais trouver délices
Dans les plus tristes fois d'ennuis,
Et me rends mes jours pleins de délices.
Si des tourments amoureux
Pour jamais tu me guérissais,
Si de cet art délicieux
Tu détachais mes vains soucis.
Pour toi seule je vivrais,
Pour toi seule je ressentirais
Les douceurs d'un bonheur parfait,
Et les biens d'une paix parfaite.
Mais hélas! puis-je espérer
Un destin si fortuné,
Quand d'aimer je suis condamné,
Et que je ne fais que pleurer ?